Pilote

Pilote (périodique)

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Pilote
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Pays Drapeau de France France
Langue Français
Périodicité hebdomadaire puis mensuel
Genre bande dessinée
Fondateur René Goscinny, Albert Uderzo, François Clauteaux, Jean-Michel Charlier, Raymond Joly, Jean Hébrard, René Ribière et Charles Courtaud
Date de fondation 29 octobre 1959
Date du dernier numéro octobre 1989
Éditeur Paris

Pilote, sous-titré Mâtin, quel journal !, est un magazine français hebdomadaire de bande dessinée créé le 29 octobre 1959 et qui parut pour la dernière fois en mensuel en octobre 1989.

Sommaire

Présentation

Outre la bande dessinée, Pilote publiait également des nouvelles, romans, reportages et blagues en tous genres, et un pilotorama, une double page centrale didactique.

Il a fortement influencé le monde de l’édition de la bande dessinée en Europe, aux États-Unis et au Japon.[réf. nécessaire]

Depuis l’été 2003, Pilote reparaît de manière ponctuelle en fonction de l’actualité, de nouveaux numéros ont été publiés dans une périodicité « irrégulomadaire », ne paraissant que « quand les pages sont prêtes ». Son slogan devient alors « Pilote, le journal qui s’amuse à revenir ». Ainsi, sous la direction de Gisèle de Haan, en avril 2008, un nouveau numéro dans lequel « 60 auteurs réinventent mai 68 » sort en kiosque, avec comme slogan « Pilote, le journal qui s’amuse à lancer un pavé » , suivi en juin 2009 par un numéro spécial « 69, année érotique » : « Pilote, le journal qui va et qui vient » et en juin 2010 par un numéro « Bande Dessinée et Cinéma » : « Pilote, le journal qui fait son cinéma ».

À sa création, le directeur de la publication était Jean Hébrard, le rédacteur en chef François Clauteaux, remplacé par Raymond Joly après six numéros, et René Goscinny alors secrétaire de rédaction. La périodicité au départ était hebdomadaire.

Historique

La création

L’idée de Pilote naît vers la fin 1958 quand six hommes de presse et de bandes dessinées ont l’idée de créer un journal périodique pour jeunes. Ces hommes (Jean-Michel Charlier, Albert Uderzo, René Goscinny, Raymond Joly, François Clauteaux et Jean Hébrard), ont pour idée de créer une sorte de « Paris-Match pour jeune » où, même si la bande-dessinée doit jouer un rôle important, elle ne doit pas représenter l’intégralité du journal où elle côtoiera les grands sujets d’actualité.
Le premier titre avancé pour ce nouveau journal est « Champion » du nom d’une émission pour les jeunes diffusées sur Radio-Luxembourg le jeudi entre 13H et 14H30. Le nom de Pilote est finalement décidé après réflexion.
Une première maquette est réalisée par Edifrance, sur les bases du fascicule mort-né « Supplément illustré » publié par cette même maison d’édition. Au sommaire de cette maquette notamment une adaptation en bande-dessinée du Roman du Renart par Uderzo et Goscinny, mais ce projet tombera à l’eau quand Raymond Poivet leur informera que Jean Trubert travaille sur une bande-dessinée similaire. Les deux compères obligés de trouver une nouvelle idée se penchent sur l’histoire de France pour trouver l’inspiration, de là naquit Astérix et son ami Obélix.
Une fois le contenu artistique et journalistique trouvé, il fallut la somme nécessaire pour réaliser le journal. Pour ça chaque membre de la rédaction apporta sa caution, comme cela ne suffisait pas on fit appel à deux nouveaux bailleurs de fonds, respectivement directeur et administrateur du « Centre-Républicain » René Ribière et Charles Courtaud. Parallèlement plusieurs numéros zéro du journal sont créés afin de démarcher les annonceurs. Ces numéros conçus par Jacques Dagues sont réalisés par les cinq ou six personnes travaillant pour le journal; afin de faire croire à une grande rédaction une des couvertures représente une foule impressionnante censée montrer l’ensemble des collaborateurs du journal. En fait, les membres de la rédaction ont fait appel à leurs copains. C’est ainsi qu’un ferrailleur, un fabricant de produit de beauté et plusieurs publicitaires figurent sur cette couverture. Une autre couverture d’un de ces numéros zéro montre le fils de François Clauteaux en tenue d’arlequin, le petit Rodolphe vedette de publicité jouissait d’une notoriété à l’époque.
En septembre 1959, le rédacteur en chef du journal, François Clauteaux intervient régulièrement sur les ondes de Radio-Luxembourg pour annoncer la sortie prochaine du journal. Ces interventions régulières se succèdent jusqu’au 29 octobre 1959, date de sortie du premier numéro.

Le premier numéro

La sortie de ce no 1 est un véritable succès et le soir même 300 000 exemplaires seront vendus. Imprimé sur un grand format inhabituel de 36,5 cm x 26.5 cm il contient des articles sur divers sujets de Lucien Barnier, Brigitte Muel ou encore Fernand Bucchianerri. Le footballeur français Raymond Kopa est au sommaire avec un article ou il donne quelques conseils. Animé par Jean-Paul Rouland, Marcel Fort et Rodolphe Le club des joueurs propose des énigmes et des expériences diverses. Les Enquêtes de l’inspecteur Robillard est mis en image par Pierre Bellemare et Marc Moallic. Une double page, au centre du journal, détachable représentant un Vaisseau du Grand Siècle. Plus un grand concours intitulé Où est l’erreur ? illustré par Jidéhem et parrainé par Esso.

La bande dessinée occupe une place importante, mais moindre que les rédactionnels. Certaines comme Astérix d’Albert Uderzo et René Goscinny, Barbe-Rouge de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, Tanguy et Laverdure de Charlier et Uderzo et Jacques Le Gall de Mitacq et Charlier marqueront le 9e art. D’autres seront plus éphémère comme Pistolin de Charlier et Hubinon, une série issue d’un journal du même nom qui a connu une brève existence, Bison Noir de Guy Bertret, Jacques Ledrain et Lucien Nortier qui est une adaptation d’une feuilleton radiophonique de Radio-Luxembourg, P’tit Pat gamin de Paris de Rémo Forlani et Jacques Dagues, Jacquot le mousse de Goscinny et Christian Godard, Mark Trent voyage dans le temps de Raymond Poïvet et Zappy Max de Maurice Tillieux et Saint-Julien, pseudonyme de Hugo De Haan. René Goscinny signe aussi les récits du Petit Nicolas illustré par Jean-Jacques Sempé, une série crée auparavant dans le journal belge Le Moustique puis Sud Ouest. Une série historique est aussi au sommaire avec, dans ce premier numéro, L’évasion de Jean Bart de Robert Gigi. Avec en plus des illustrations diverses de Bosc, Morez, Moallic, Lassalvy, Dorville, Jicka, Raynaud et Folon

Les premières années

Après le lancement du journal, les numéros suivant gardent la même ligne jusqu’à la fin de l’année 1959, à noter la parution dans le no 10 du 31 décembre 1959 la parution d’un court récit humoristique intitulé Dupont de l’Alma par Jean Tabary. Rapidement le journal devient un véritable magazine pour les jeunes avec des articles signés par les meilleurs journalistes de l’époque comme Lucien Barnier, les meilleurs sportifs de l’époque comme le footballeur Just Fontaine ou le coureur à pied Abdou Seye livrent des confidences et la couverture privilégie les photographies au dessin. Des rédactionnels spéciaux sont régulièrement publiés, sur la science, les biographies de sportifs, la musique, le cirque ou encore l’Histoire. Les séries de bande desssinées des débuts sont toujours au rendez-vous, L’inspecteur Robillard après avoir animé les jeux devient une série à part entière, Zappy Max abandonne les textes en dessous des images et passent au phylactères, des nouveautés apparaissent, Jehan Soupolet de René Goscinny et Albert Uderzo et Rosine de Jean-Michel Charlier et Martial à partir du no 14 du 28 janvier 1960 et des récits historiques comme celui d’Ivanhoé sont publiés dans la première partie de l’année 1960. Le premier anniversaire du journal est fêté avec le no 52 du 20 octobre 1960.

Malgré son succès, Pilote est en graves difficultés financières, les exclusivités que réserve le journal à ses lecteurs coûtent très cher. De plus l’agence chargée de distribuer le journal retarde énormément ses paiements, les seuls qui détiennent de l’argent frais sont les responsables du Centre-Républicain qui se désengagent au cours de l’année. Des repreneurs sont intéressés pour sauver le journal, le plus sérieux est Charles Dupuis des éditions du même nom. Déjà responsable du journal Spirou il voit dans l’achat de Pilote le moyen de toucher un public plus âgé. Mais les deux autres membres du Triumvira de direction, des éditions Dupuis, son frère Paul et René Matthews, leur beau-frère, mettent leur véto à cette reprise. Dargaud remporte alors la mise après quelques semaines de négociations et c’est pour le no 60 spécial Noël du 15 décembre 1960 que le nom du nouvel éditeur apparaît. À la fin de l’année Denis Lefèvre-Toussaint est nommé rédacteur en chef du journal.

Avec l’arrivée de Dargaud le journal change légèrement de format avec au no 66 du 26 janvier 1961 un passage au 27 x 35 cm. Le contenu rédactionnel, lui, ne change pas. Des rédactionnels sur l’actualité, la science, l’Histoire sont toujours présents. Des séries présentes depuis le début du journal comme Astérix, Barbe-Rouge et Tanguy et Laverdure ont un fort succès et sont publiées en album dans la collection Pilote. Maurice Tillieux arrête Zappy Max ( Charles Dupuis lui ayant intiment de choisir entre son contrat chez Dupuis ou un, avec Dargaud) et Jean-Louis Devaux lui succède. De nouvelles séries éphémères font leur apparition : Pierre et Paul est publié à partir du no 88 du 29 juin 1961 et Divagations de monsieur Sait–Tout à partir du no 105 du 26 octobre 1961. Sont publiées aussi deux séries anglaises issues d’Eagle, Jeff Arnold un western de Charles Chilton et Frank Humphries et Fraser l’Adricain de Frank Bellamy. Au cours de l’année 1961, sont publiés des numéros spéciaux, pour le 1er avril et pour Noël, où apparaissent des histoires complètes sur ces thèmes. Dans le no 105 du 26 octobre 1961 spécial deuxième anniversaire, est publiée la série Allo ! DMA de Jean-Michel Charlier et Raymond Poïvet qui deviendra par la suite Guy Lebleu. Marcel Bisiaux devient rédacteur en chef du journal en janvier 1962 et il maintient le cap éditorial jusqu’en mai. Les récits complets deviennent de plus en plus présents : certains comme Tromblon et Bottaclou de René Goscinny et Christian Godard ne feront l’objet que de quelques histoires, mais d’autres comme Séraphin contre Angelure de Chakir créé dans le no 120 du 8 février 1962 et surtout Valentin le vagabond de Jean Tabary créé dans le no 123 du 1er mars 1962 perdurent pendant plusieurs années. Les photos en couverture laissent peu à peu la place à des illustrations. L’inspecteur Robillard présent dans les pages du journal depuis sa création disparaît à partir du no 118 du 25 janvier 1962.

Une nouvelle formule du journal est lancée à partir du no 133 du 10 mai 1962. Le slogan change et devient le « Grand magazine des jeunes » avant de devenir très rapidement « Le magazine des jeunes de l’an 2000 ». Les dimensions changent et passent à un format de 23,5 x 31,5 cm et le journal gagne seize pages. Les récits complets gagnent deux pages et passent à dix, les récits historiques de trois à deux. La série Belloy d’Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier, parue auparavant dans le journal belge La Wallonie, est republiée à partir de ce numéro. Le no 133 voit aussi la création de Bob Morane d’Henri Vernes sous forme de roman. Les rédactionnels sur le sport, la science ou les animaux sont toujours présents, rejoints par des chroniques sur les programmes de la télévision. La série Le Grand Duduche de Cabu est créée dans le premier numéro de l’année 1963. Avec le succès du magazine Salut les copains, le journal tente de s’adresser de plus en plus aux adolescents en multipliant les chroniques sur les stars du sport et surtout de la chanson. Les yéyés, Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Sheila et Sylvie Vartan occupent la couverture du magazine chaque semaine et à partir du no 183 du 25 avril 1963 le journal prend un ton « copain » avec ses lecteurs. Quelques nouvelles bandes dessinées apparaissent malgré tout durant cette période sous forme de récits complets d’un ou deux épisodes. La série Norbert et Kari créée dans le no 195 du 18 juillet 1963 fera les beaux jours du journal pendant plusieurs années. Cependant la série P’Tit Pat, présente depuis le début du journal, disparaît à partir du no 183. Ce changement est rejeté en masse par les lecteurs et les ventes s’effondrent rapidement. Marcel Bisiaux est renvoyé de son poste de rédacteur en chef et est remplacé par le tandem René Goscinny et Jean-Michel Charlier.

Recentrage vers la bande dessinée

Le duo René Goscinny et Jean-Michel Charlier entre en fonction à partir du no 203 du 12 septembre 1963. La bande dessinée revient à l’honneur et remplace rapidement les stars de la chanson pour jeunes. Les couvertures illustrées reviennent chaque semaine et de nouvelles bandes dessinées font leurs apparition : Fort Navajo qui deviendra très vite Blueberry est créée dans le no 210 du 31 octobre 1963 par Jean-Michel Charlier et Jean Giraud, dans le numéro suivant c’est la série Achille Talon de Greg qui est créée.

Chronologie éditoriale

Séries connues

De nombreuses séries de bande dessinée franco-belge devenues connues ont commencé leur carrière dans Pilote. On peut citer par ordre chronologique de première apparition :

Notes et références

Annexes

Documentation

  • Patrick Gaumer, Les Années Pilote, Dargaud, 1996.
  • Guy Vidal (dir.), Le livre d’or du journal Pilote, Dargaud, 1980.
  • Henri Filippini, Histoire du journal Pilote et des publications des éditions Dargaud, Glénat, 1977.

Articles connexes

Lien externe

v · d · m

Séries parues dans Pilote

Achille Talon • Astérix • Les Aventures de Tanguy et Laverdure • Barbe-Rouge • Blueberry • Bob Morane • Cargal • Cellulite • Le Concombre masqué • Dick Hérisson • Les Dingodossiers • Druuna • Le Génie des alpages • Le Grand Duduche • Hypocrite • Iznogoud • Jonathan Cartland • La Jungle en folie • Lone Sloane • Article de qualité Lucky Luke • Mac Coy • Michel Vaillant • Norbert et Kari • Orn • Le Petit Nicolas • Les Phalanges de l’Ordre noir • Philémon • Rantanplan • Rubrique-à-brac • Stan Caïman • Superdupont • Le Vagabond des Limbes • Valentin le vagabond • Article de qualité Valérian et Laureline

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